J’ai lu le touchant texte d’En Saignant. Ensuite, j’ai visité l’Air fou. Les billets pour la lutte contre l’homophobie m’ont interpellés.

Ça L’adonne bien! C’est aujourd’hui la journée internationale contre l’homophobie.

1 Raton + 1 Nours

L’homophobie est une oppression.

C’est plus que de l’incompréhension? Non. C’est moins.

Plus que premier degré.

L’homophobie, c’est brimer, insulter, juger, condamner quelqu’un sur le fait de son orientation sexuelle.

A priori, je pourrais dire que jamais je n’ai souffert d’homophobie. Au secondaire, rien pour moi. Je n’étais pas gay pour ainsi dire : j’ai fait mon ‘coming out’ au cégep, poussé à bout par une fille qui disait m’aimer d’amour, je n’ai pas eu le choix. J’ai été honnête avec elle.

La première fois que j’ai été victime d’homophobie, j’étais en secondaire deux.

Mon bourreau? Moi-même…

gay flag

Chers hétéros de l’internet, il est temps de vous faire comprendre le vrai ‘coming out’.

Pour tout le monde, c’est de s’avouer (déjà, quel mot!) homosexuel aux gens autour de soi. Non. La partie la plus difficile du coming out pour certains est personnelle, cachée et vécue en silence. Pensez-y. Avant de même dire à quelqu’un qu’on est gay, il faut « l’être». Il faut l’accepter soi-même et ça survient malheureusement à une période où nous sommes vulnérables : l’adolescence.

En secondaire deux, j’ai commencé à me rendre compte que j’avais des idées étranges. Lorsque je m’endormais le soir, je m’imaginais blotti contre mon prof de ________ ou mon prof de ________. Premier signal clair. Croyez-le ou non, il m’a fallu deux ans pour l’accepter seulement. Il faut appréhender des réactions, faire notre deuil d’une vie ‘simple’… Il faut être sûr de cette orientation et l’assumer un peu. On se prépare au meilleur comme au pire; on a tous déjà entendu l’histoire du jeune gay mis à la rue par ses parents! On va être différents, hors norme pour toujours.

Cette première étape, celle dont on ne parle jamais fait sûrement beaucoup de victimes. Je ne parle pas que de suicide, il y a ceux pour qui une vie ‘gay’ est impossible pour la famille, le milieu. Ceux là n’auront pas de vrai coming out; ils vivront la vie permise mais remplie de mensonges.

C’est pour ainsi dire le début de la vie d’un gay.

Déjà, rien ne semble simple, tout semble compliqué, réducteur, effrayant. Pourquoi?

L’inconscient collectif, ces archétypes de la famille heureuse dans son american dream. L’homophobie indirecte. Elle est partout.

Par exemple, vous regardez la télé et deux hommes s’embrassent.

Comme vous lisez présentement un blogue fif sur les bords, vous êtes ouverts et vous vous dites :

- Ya rien là, C’est normal.

Hého! Vous venez de remarquer quelque chose de différent à la télé. Vous êtes bien avec ça mais vous remarquez quand même…

parce que vous savez…

  • Vous savez qu’il y a dans votre famille une tante qui trouve ça « contre-nature ».
  • Vous savez qu’à l’école de votre enfant il y a sûrement quelques petits garçons qui se font traiter de ‘tapette’ sur tous les tons. Pas seulement celui que vous utilisez pour traiter votre ami de ‘fif’ parce qu’il n’a pas su attraper les clés que vous lui lanciez, celui qui isole un enfant, qui l’étiquette.
  • Vous savez qu’autour de vous, il y a des parents qui n’ont rien contre l’homosexualité. Bin non. Sauf que jamais ils accepteraient de mettre leur enfant dans une classe ou le professeur le serait.
  • Vous savez que si vous aviez un fils gay, vous ne pourriez pas vous empêcher de penser aux enfants qu’il n’aura pas… Il y penserait aussi.
  • Vous savez que devant certaines personnes, malgré vous, vous resteriez vagues quand aux amours de votre enfant différent ou même quand à son ‘colocataire’. C’est moins compliqué comme ça.
  • Vous savez, vous avez des amis gay ou lesbiennes.
  • Vous savez qu’il y a plusieurs images qui viennent avec les mots gay, homosexuelle, lesbienne.

Tout ceci repose sur les épaules d’ados de 13 à 16 ans. On leur demande de s’épanouir, de se construire. Oui, c’est difficile.

Nous, en adultes, pouvons maintenant nous battre pour nos droit si on nous lèse, mieux qu’un adolescent. Ça commence malheureusement par des combats, trop souvent contre soi. On ne veut pas nécéssairement être gay; détail important compte tenu qu’on a pas le choix.

Prêt pas prêt, au combat. Certains n’y parviendront pas. D’autres n’y parviennent que dans la quarantaine.

Comme société, on va dans la bonne direction.

J’ai même une bonne nouvelle pour vous. Vous avez le droit de ne pas aimer les tapettes au défilé annuel. On ne peut pas aimer tout le monde. Entre ne pas aimer et torturer pour, ya comme… une zone grise!

Comment vous dire…

Vous haïssez les guidounes face-liftées de 45 ans qui s’attriquent comme des poupounes de 18?

Ces vieilles folles sont au hétéros ce que … les vieilles folles du défilé sont aux gays!

Moi-même… j’aime pas le village gay.

J’haïs les bottoms qui dancent au Unity.

Une bottom, c’est Britney dans un frame de chat pourvu d’un péniche. C’est la honte. C’est grâce à elles que certains croient qu’on est don éfféminé…

La différence dans la différence.

C’est là vraiment que ça se complique. Les préjugés sont, je crois, plus là…

MAIS

vous, vous savez!

  • Vous savez que les gays n’aiment pas nécessairement le cuir, le latex et les donjons.
  • Vous savez que pour les gais le sexe ne se résume pas à l’anus et pour les lesbiennes, au ciseau…
  • Vous savez qu’on ne rit pas tous comme Éric Salvail.
  • Vous savez pourquoi mentionner Éric Salvail dans ce texte est sarcastiquement ironique.
  • Vous savez qu’on n’a pas tous un vibrateur. Rose, je voulais dire vibrateur rose.
  • Vous savez qu’on n’est pas nymphomane à temps plein.
  • Vous êtes conscients (j’espère) qu’on est pas tous des fans fini de Céline, Britney, Cher, Émily (?!), Kylie (shame on me…), Beyoncé ou Madonna, Björk… ou de Sarah Mclachlan et Mel “Sporty Spice” C. pour les lesbiennes… On est pas des fans finis, c’est juste un penchant naturel c’est tout. … Come on! Comment haïr Madonna??!!??
  • Vous savez qu’on n’est pas tous infidèles. (Ça prend aussi des cocus tsé!)
  • Vous savez qu’une relation stable entre deux hommes ou femmes, c’est possible. ( 2 ans et 1/3 Raton, on lâche pas!)
  • Vous savez parce que vous regardez des téléromans.
  • Vous savez que la seule chose souvent qui nous distingue, nous les gays, c’est notre charme. (bin koi !)
  • Vous savez que vous avez besoin d’un meilleur ami gay.
  • Vous savez que ce qui se passe dans nos chambres à coucher ne vous regarde pas.

Par contre, le fait de faire son coming out, c’est comme laisser sa porte de chambre entrouvert au moment de l’acte. Vous en savez déjà plus sur ma vie sexuelle que moi sur la vôtre, non? Qui sait, parmi mes lecteurs, peut-être y a-t-il une dominatrice cochone, un gars de cuir, une certaine naturiste, un couple échangiste fétichiste des pieds de vieilles dames… ou autre! Ah! Bin oui, c’est de la diversité ça aussi! Le plus bad que je connaisse dans la blogosphère, c’est Chroniques Blondes et son penchant gastronomique pour Dominic Arpin

Malgré tout, le coming out, c’est le besoin d’être soi, d’être vrai. D’assumer sa différence.

homo depot

Juste un petit mot avant de finir. Pour moi, la « fierté gaie » n’a rien à voir avec le défilé qui porte le même nom. On n’est pas fier d’être gay, ni d’être drag queen, ni d’être à moitié nu, ni de vivre le démon du midi en habit de police. La fierté gaie c’est être fier d’être passé au travers de l’acceptation de soi. C’est être fier de se relever après ça et de ne plus retomber dans la honte.

Pour cette journée contre l’homophobie, j’aimerais souligner le travail de tous ces hommes et femmes qui se sont battus pour nos droits. Je chiale souvent contre les femmes qui ne votent pas après avoir gagner ce droit…

Hé, gays de partout au Québec!

Il y a moins de trente ans, vous auriez pu être arrêtés, ici, pour pratiques sodomites. C’est pas il y a 2 siècles. C’est activistes sont encore autour de nous, vivants et j’espère, fiers. Prenez un moment pour vous rapeller d’eux et aussi qu’ailleurs dans le monde, tous n’ont pas nos droits.

gay flag

L’homophobie ne disparaîtra pas, désolé. On remarquera toujours les gays, les lesbiennes, les différences. Ce n’est pas mal en soi, c’est dans notre nature de remarquer les différences. Ce sera toujours un plus ou un moins pour nous, c’est là que nous pouvons changer les choses ensemble.

Aujourd’hui, on remarque toujours les filles rousses sur la rue.

La différence, c’est qu’on ne les brûle plus pour sorcellerie.

:wink:

-Le coloc du Raton

(hé oui! Chacun son rythme!)

Voir aussi l’appel au 911 pour un baiser gay… en public!